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Introduction
Le
titre de cette intervention : La Turquie et l’Europe laisse
supposer qu’il existe des liens entre un pays et un continent –
le continent européen –, que ces liens apparaissent antagonistes
(la Turquie contre l’Europe) ou complémentaires
: la Turquie pour l’Europe et l’Europe pour
la Turquie.
Faut-il préférer : La Turquie ou l’Europe,
pour marquer que la Turquie appartient indubitablement à l’Europe,
pour des motifs qui sont politiques, économiques, culturels ? Autrement
dit, l’Europe ne serait pas que chrétienne, elle serait
aussi turque. D’ailleurs, seule la géographie distingue entre
une Turquie d’Europe et une Turquie d’Asie. Or, on sait bien
que la Turquie a à voir avec l’Europe autant qu’avec
l’Asie, depuis toujours, depuis au moins les grandes invasions :
les Avars, les Bulgares et même les Khazars.
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Quelques
notions de base
La Turquie compte
environ 60 millions d’habitants.
La Turquie n’est pas un pays arabe. C’est un pays turcophone,
où la langue arabe est très mal connue – le saint
Coran est traduit en turc. De plus, la langue turque s’écrit
en caractères latins, depuis que l’écriture arabe
a été abandonnée, en 1928.
La Turquie est un pays musulman, à 98%, très majoritairement
sunnite, où l’on note cependant la présence de chiites
extrémistes, (nusayris, yézidis), avec une infime
minorité chrétienne (catholique, orthodoxe, protestante
et arméniene).
Il s’agit d’une république laïque, conçue
sur un modèle jacobin français, d’une laïcité
à la française (influence de la Franc-maçonnerie).
Il existe une importante diaspora turque en Europe (Allemagne, Belgique,
etc.). Mais ces familles turques sont-elles turques ou européennes
? C’est toute la question de l’émigration. Les Turcs
sont-ils vraiment des émigrés ? Ne sont-ils pas des émigrés
européens, comme les Polonais, au début du siècle,
ou les républicains espagnols, après la fin de la guerre
civile ?
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Bref
rappel historique
Si
l’on évoque la Turquie et l’Europe, un certain nombre
de dates, de faits historiques sont indispensables à connaître,
dont la principale qui marque la fin de ce qu’on appelle le moyen
âge :
14 mai 1453 : Chute de Constantinople.
L’empire byzantin s’effondre, lâché d’ailleurs
par l’Europe chrétienne.
Celle-ci aura désormais à affronter seule l’empire
Ottoman.
D’ailleurs, les premiers affrontements ne vont pas tarder. On retiendra
les deux victoires de la Chrétienté sur l’Empire ottoman
que sont la bataille de Lépante (6 septembre 1571) – à
laquelle d’ailleurs la France ne participera pas, parce que François
1er avait signé un traité d’amitié avec l’Empire
Ottoman – et la fin du siège de Vienne, le 12 septembre 1683
: l’Autriche comme dernier rempart de l’Europe chrétienne
(cf. aussi Jean Sobiesko).
C’est une première leçon de l’Histoire.
Si l’Europe ne tient pas le Bosphore, comme « tête de
pont », pour user d’un terme militaire, elle se retrouve face
à l’Asie, sans autre défense qu’elle-même.
Mais il y a l’OTAN, à laquelle la Turquie appartient justement.
C’est un autre aspect de la question. C’est, en effet, que
la Turquie, du fait de son « important rôle stratégique
au Proche-Orient et en Asie centrale », comme l’écrit
le Financial Times, intéresse les Etats-Unis depuis longtemps,
avec ses frontières communes avec l’Irak, l’Iran et
la Syrie. C’est un premier argument en faveur de l’adhésion
de la Turquie à l’Europe. Au lieu de se retrouver en position
d’avoir à affronter la Turquie, ou de laisser le bénéfice
de sa positon stratégique aux seuls Etats-Unis, l’Europe
l’inclut dans son propre dispositif, à côté
de l’OTAN.
Autre épisode
à retenir : la libération de la Grèce (cf.
Lord Byron) en 1823. Il y a toujours un certain romantisme à affronter
la Turquie, pour sauver la Grèce, la mère patrie de la civilisation
européenne. Peut-être entre-t-il quelque chose de cela dans
le refus de l’adhésion de la Turquie, du moins chez les plus
maurassiens. (C’est le retour de l’Action Française,
Henri Massis contre Benoist-Méchin).
Le 20ème
siècle commence avec les Guerres balkaniques (1912) et l’expulsion
des populations turques, se poursuit avec la révolte arabe (cf.
le Colonel Lawrence), et la fin de l’occupation turque de la péninsule
arabique, etc.
Mais aussi, avec le génocide des Arméniens qui voit le massacre
de plus d’un million de personnes, en 1915.
Le Traité de Sèvres, en 1920, met un point final au démantèlement
de « l’homme malade », comme on appelait alors la Turquie.
Mais ce traité, qui réduit l’Empire ottoman à
n’être plus qu’un territoire sous tutelle, provoque
la révolte des forces révolutionnaires et laïques (Ever
Pacha, les « Jeunes Turcs », Mustapha Kemal, etc.).
Les années 20 marquent la naissance de la Turquie moderne –
sous l’autorité de Mustapha Kemal, Atatürk,
le père de la Turquie moderne (mort en 1938), qui part à
la reconquête des territoires perdus depuis Ankara : prise de Smyrne.
Abolition du Sultanat (1922)
La Turquie devient une nation, au sens moderne du terme, après
avoir été un empire, en fait le dernier des empires, avec
l’Empire austro-hongrois. C’est la revanche des démocraties
bourgeoises, bien mieux que celle de la Chrétienté sur la
Sublime Porte.
Proclamation de la République (1923)
Abolition du Califat (1924)
La Turquie n’est plus qu’un pays du monde arabo-musulman après
avoir été le centre politique de la Oumma.
L’ère des réformes qui suit ces mesures définitives
constitue une première européanisation de la Turquie.
A commencer par la Justice.
Comme l’écrit Louis Massignon, « pour la première
fois en pays musulman, la laïcisation totale de la législation,
y compris le droit personnel et matrimonial, a été consommée
avec l’adoption de nouveaux codes : le civil traduit du code suisse,
le pénal traduit de l’italien et le commercial de l’allemand.
Ils sont entrés en vigueur en 1926 ».
Quant aux us et coutumes, aux mœurs en général, on
notera :
L’abandon du turban et du fez, pour le chapeau et la casquette,
parce que « la tenue internationale des peuples civilisés
convient parfaitement à la nation turque ».
L’émancipation des femmes (droit de vote accordé dès
1934),
Adoption des caractères latins, du calendrier grégorien,
du dimanche comme jour de repos, au lieu du vendredi, etc.
Mais, dans sa volonté laïcisante, la Turquie promulgue aussi
l’interdiction des ordres soufis – cf. les derviches
tourneurs.
On ne peut
s’empêcher de penser à ce propos que la référence
à deux des plus grands génies européens
– l’architecte Sinan, l’égal de Léonard
de Vinci, et le poète Mawlana Rûmî,
le Dante turc, si l’on peut dire – constitue un argument plus
pertinent pour l’adhésion de la Turquie à l’Europe
que l’actuelle comparaison très tendance entre la modernité
d’Istanbul et celle de Barcelone (cf. l’Express du
8 décembre 2005 : « Beyoglu : La movida turque »).
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La Turquie aujourd'hui
Un
pays rural, comparable à la France de 1939, avec ses régions
pauvres (l’Anatolie) et son extrême orient (région
de Van), à quoi s’opposent une façade occidentale
qui se développe rapidement (industries, tourisme) et une capitale
économique et culturelle : Istanbul.
Un pays jeune et dynamique. Comme l’écrit encore le Financial
Times, l’adhésion de la Turquie à la Communauté
européenne « apporterait une économie dynamique et
une population jeune ». De ce point de vue, on peut se demander
si pour une part, les réticences des pays européens à
l’entrée de la Turquie dans l’Europe ne procèdent
pas d’un réflexe protectionniste de la part d’une population
vieillissante qui se demande comment elle préservera sa richesse
et ses privilèges, ainsi que ses emplois - le syndrome du «
plombier polonais » » - en les partageant avec les Turcs.
Un pays qui évolue certes, assez rapidement, avec ses gardiens
du Temple laïc – dont l’armée – et avec
une jeunesse estudiantine divisée, attirée par la liberté
des mœurs occidentales, mais aussi de plus en plus soucieuse de revenir
à une pratique religieuse musulmane que les générations
les plus anciennes avaient pratiquement abandonnée : port du voile
à l’Université, observance du jeûne du mois
de Ramadan, abstinence d’alcool, et naturellement pratique plus
régulière de la prière musulmane.
C’est
dans ce contexte très particulier que la question de l’adhésion
de la Turquie à l’Europe doit se poser.
Quel sera l’impact en Turquie même d’un refus de l’Europe
de l’admettre parmi ses pays membres ?
Le risque est connu, c’est l’islamisation de la Turquie.
Les enjeux sont donc considérables, à la fois pour la société
turque et pour l’équilibre géopolitique d’une
région que les Etats-Unis ne peuvent tout de même pas mettre
à feu et à sang tous les dix an
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La
Turquie en Europe
(La
part du rêve)
La
Turquie n’est pas seulement « la pointe orientale du continent
européen », de même que la Bretagne en est la pointe
occidentale, elle forme comme un pont entre l’Europe et l’Asie
– la Turquie d’Europe et la Turquie d’Asie, d’Edirne
au lac de Van, aux confins kurdes, irakiens et iraniens.
Avec l’entrée de la Turquie en Europe, c’est le rêve
d’une nouvelle Europe qui prend forme, une Europe d’avant
son désastre – la 1ère Guerre Mondiale : l’Europe
des pullmans, des trains de luxe (Blaise Cendrars, Paul Morand).
Mais c’est aussi une Europe nouvelle en ce qu’elle renoue
avec ses grands rêves d’espace. C’est l’Europe
des écrivains nomades, des voyageurs et des aventuriers (Ella Maillart,
Annemarie Schwarzenbach, Nicolas Bouvier).
D’une part, donc, l’Europe de l’Orient Express : Londres,
Paris, Vienne, Istanbul Et d’autre part, l’Europe qui va de
l’extrême occident aux lointaines frontières orientales
de la Turquie : la route de l’Orient, avec ses axes Berlin
- Bagdad et Berlin – Téhéran, via la Turquie
et Istanbul.
Or, il y a un grand voyageur dans chaque Européen, un amoureux
des grands espaces.
De son côté
la Turquie rêve aussi.
Il suffit de se remémorer l’enthousiasme de la presse, le
4 octobre dernier, marquant le processus de négociations pour l’entrée
de la Turquie en Europe… en 2014, rappelons-le.
« La Turquie qui, à deux reprises dans l’Histoire,
est allée jusqu’aux portes de Vienne, entre maintenant dans
l’Europe par la voie de la paix et de l’union ».
« Une nouvelle Europe, une nouvelle Turquie »
Cette nouvelle Europe est celle des grandes invasions, elle emprunte la
route qu’ont empruntée tous les peuples d’Asie pour
venir jusqu’à nous. Elle est celle de l’expansion
de l’Empire ottoman, mais cette fois jusqu’aux frontières
de l’Occident.
Or, il y a un Asiatique – un nomade de la steppe – dans chaque
Turc.
La Turquie en Europe, c’est donc véritablement la rencontre
de l’Orient et de l’Occident, au sens que lui donnait Goethe
(cf. son Divan Occidental-Oriental), c’est aussi l’union
de l’Europe et de l’Asie. Les routes sont désormais
libérées pour de nouvelles conquêtes de l’Occident
vers l’Orient et de nouvelles invasions de l’Orient vers l’Occident.
Le rêve européen prend les dimensions d’un immense
empire, de la Bretagne aux frontières orientales de la Turquie,
vers l’Iran.
Comment ce rêve ne réjouirait-il pas à la fois les
Européens et les Turcs eux-mêmes ?
Mais il y a l’Islam.
Qu’ils soient chrétiens, juifs ou agnostiques, les Européens
qui s’opposent à l’adhésion de la Turquie en
Europe ont peur de l’islam.
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La
Turquie et l'Islam
Si
l’on considère que l’entrée de la Turquie en
Europe consiste à ouvrir la porte de l’Europe à l’Islam,
il est important de se rappeler qu’il existe désormais non
seulement un Islam en Europe, mais un Islam d’Europe, un Islam européen,
représenté par quelque 15 millions de musulmans.
Les Turcs ne sont donc pas le fer de lance d’une reconquête
de l’Europe par l’Islam, car l’Islam est déjà
en Europe, d’où cette notion d’Islam européen.
En 1954, on pouvait encore écrire : « Il n’y a plus
de colonies musulmanes permanentes [en Europe occidentale] depuis le 17ème
siècle » (Louis Massignon, AMM, p.420). De ce point de vue,
on peut se demander si les opposants à l’entrée de
la Turquie dans l’Europe communautaire se sont aperçus que
cinquante années se sont écoulées depuis cette date.
La Turquie ne serait en effet qu’une colonie musulmane permanente
de plus en Europe.
Depuis le temps de la décolonisation, nous sommes passés,
en effet, de l’Islam en Europe, à un Islam d’Europe
ou Islam européen, avant d’entrer progressivement dans une
Europe musulmane, faute d’un poids démographique suffisant,
et d’une volonté d’affirmer l’Europe comme une
terre chrétienne. L’Europe est moderne, voilà tout.
Elle a renoncé à ses racines chrétiennes. Le musulman
revendique son appartenance religieuse – l’Islam est une religion
et une communauté.
Comment
se définit l’Islam européen ?
De plus en plus, comme une communauté qui ne prétend pas
s’intégrer à l’Europe, autrement dit à
s’européaniser, mais à participer à la construction
d’une Europe multiculturelle, pluri religieuse, dans le respect
des droits religieux des musulmans qui y vivent et qui y travaillent.
Il faut cesser de penser l’Europe comme le lieu d’un affrontement
entre une Europe chrétienne et l’Islam, ou encore comme l’espace
d’une confrontation entre la Chrétienté et l’Islam.
A ce jeu là, forcément, l’Europe chrétienne
sera perdante, simplement du fait qu’elle n’existe plus, du
moins n’est-elle plus représentée que par des individus
isolés et non par une communauté de vie.
Que l’on
compare l’Autriche, qui fut le dernier bastion de l’Europe
chrétienne contre les Janissaires, qui fut l’immense Empire
austro-hongrois, héritier du Saint Empire germanique, à
ce qu’elle est devenue aujourd’hui : un modeste état
moderne, aux prises avec ses musulmans (Turcs, Bosniaques, etc.).
Pour quelle défense de la Chrétienté s’opposerait-elle
désormais à l’entrée de la Turquie dans l’Europe
? Elle s’y est pourtant essayée une dernière fois,
en octobre 2005 : « Pour les citoyens européens, dira
le chancelier autrichien, nous avons créé la certitude
qu’ils ne pourront pas être laissés à l’écart
et que [ces négociations d’adhésion] ne sont pas le
début d’un mécanisme automatique qui ne pourrait être
stoppé. »
Si l’on
pense confrontation entre l’Islam et l’Europe moderne,
ou, selon l’expression à la mode, « choc des civilisations
», que l’Europe décide l’entrée ou non
de la Turquie parmi les pays européens ne changera rien à
la situation de l’Islam européen.
En revanche,
si l’on pense en termes de conflit entre la Chrétienté
et l’Islam, autrement dit de croisade, alors l’entrée
de la Turquie en Europe sera une manière de reconquérir,
mais pacifiquement, des lieux de grande chrétienté qui se
trouvent en terre musulmane depuis des siècles. Ici, on pense tout
particulièrement à Ephèse : le tombeau de Jean, le
disciple bien-aimé, Meryem Ana Evy, la « maison de la Vierge,
et la caverne des sept jeunes d’Ephèse, les sept Dormants
dont on célèbre encore le souvenir dans l’occident
chrétien, jusqu’en Bretagne.
C’est un argument qui devrait intéresser M. de Villiers.
D’ailleurs, combien est présente la part du rêve dans
les propos de Monsieur de Villiers. Là, il s’agit de chouannerie.
La Turquie islamique est à nos portes et personne ne pourra plus
l’arrêter, sinon les derniers chouans, qui finiront massacrer
vraisemblablement, mais dont l’héroïsme fera encore
rêver dans deux siècle. (Mais nous avons plus besoin d’actions
courageuses que d’actes héroïques). C’est le retour
de Monsieur de Charette, plus royaliste que François 1er (Varna,
1444). Cf. Les turqueries du grand Mamamouchi. Il faut en tenir
compte cependant dans le débat sur la Turquie et l’Europe,
à côté des arguments du Financial Times.
Pour le premier, la Turquie signifie la mort de l’Europe, pour le
second l’avenir de l’Europe passe par la Turquie.
En fait,
la Turquie et l’Islam semble bien être le faux problème
typique de ceux qui s’effraient de connaître à
l’horizon 2014 une situation qui est leur quotidien depuis au moins
15 ans. Pourquoi n’y ont-ils pas pensé plus tôt –
à l’époque, par exemple, où Jean Raspail écrivait
Le camp des saints (1973) ! Il faut revenir à l’Europe
et à l’Asie. Car là est la vraie question.
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Conclusion
La
Turquie apparaît, dans l’Histoire, tantôt comme «
le fer de lance de l’Asie », tantôt comme « le
rempart de l’Europe » (Benoist-Méchin).
L’adhésion
de la Turquie à l’Europe signifierait que l’Europe
lui confie ce dernier rôle, et cela est encore possible,
tant que l’Islam turc restera ce qu’il est actuellement, mais
pour peu d’années, et tandis qu’aucun autre pays européen
est en mesure de jouer ce rôle – on ne peut plus évoquer
l’Autriche, puisque son Empire est démantelé et d’ailleurs,
l’Autriche a constitué le rempart de l’Europe de l’Ouest
depuis 1945 contre l’Europe de l’Est – telle était
sa dernière fonction historique –, on ne parlera pas non
plus de la Roumanie ou de la modeste Bulgarie (slave et orthodoxe, qui
plus est). Il ne reste par conséquent que la Turquie moderne.
En revanche,
le refus de son adhésion signifiera que la Turquie, livrée
à une islamisation rapide, deviendra, dans les années à
venir, et plus rapidement qu’on ne pense, « le fer de lance
de l’Asie », capable à elle seule d’inverser
une nouvelle fois le cours de l’histoire européen.
On conçoit
que les enjeux sont considérables et qu’il ne suffit pas
d’opposer l’Europe chrétienne à la Turquie musulmane
pour penser avoir tout dit.
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Jean
Moncelon, 4 décembre 2005
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