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  Introduction  
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  Fiche de synthèse sur le Soudan  
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  La guerre au Darfur (Soudan)  
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  Le Soudan et le pétrole  
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  Sites internet & bibliographie  
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  Soudan Solidarité  
ASSOCIATION SOUDAN SOLIDARITE

 

  La guerre au Darfur (Soudan)
18 octobre 2004

 

  Tandis qu'une des plus longues guerres civiles contemporaines entre le gouvernement de Khartoum et les populations du sud Soudan est peut-être en train de s'éteindre, un autre foyer s'est enflammé, début 2003, dans la plus grande région du Darfur, frontalière du Tchad, et il a pris une dimension aussi inattendue que redoutable pour l'équilibre de tout le pays.

 

Pourquoi cette nouvelle guerre civile?    
     
 
 

Le Darfur ou <<patrie des Fur>>, aussi vaste que la France, est peuplé par quelque 5 millions de personnes, appartenant à une vingtaine de groupes etniques, tous musulmans, dont plusieurs chevauchent la frontière avec le Tchad: Fur, Rizzeigat, Baggara, Maalia, Eni-Hussein..., <<arabes>> ou <<arabisés>>; Massalits, Zaghawa, Arawas, Berti, Tama, Dajo..., africains. Ces groupes ethniques partagent les mêmes ressources, la même histoire, la même culture et des liens familiaux. Le Darfur constituait un sultanat indépendant jusqu'en 1916 où il a été rattaché au Soudan; après le coup d'état de 1989, il a été divisé en trois états: nord Darfur, sud Darfur et ouest Darfur.

Depuis toujours, nomades et sédentaires ont cohabité, avec les inévitables conflits de territoire que connait la bande sahélienne pour les pâturages et les points d'eau, ainsi qu'à cause des dégâts faits aux cultures par les animaux en transhumance, conflits qui se résolvaient souvent par des alliances matrimoniales. Toutefois, les sécheresses qui se sont succédées depuis 1980 ont réduit les zones exploitables tandis que la preszsion démographique sur les terres arables et sur les pâturages s'est accentuée: les tensions entre les deux catégories sociales s'en sont trouvées exacerbées.

 

Par ailleurs, des conflits militaires ont encore compliqué la situation: après la bataille de N'Djamena, c'est du Darfur où il s'était réfugié qu'Hissène Habre est parti en 1982 pour conquérir le pouvoir contrer Goukouni Oueddeï, soutenu par la Libye. Le Darfur a encore servi de base arrière à Idriss Deby, l'ancien lieutenant d'Hissène Habre, pour renverser celui-ci et prendre N'Djamena le 1er décembre 1990. Dans toutes ces années -là, des milices tribales composées de chômeurs et de pauvres ont été formées et armées par les partis politiques de Khartoum qui se sont transformées en bandes de pillards razziant les villages des groupes sédentaires, échappant à tout contrôle et, en particulier, aux instances traditionnelles de régulation des conflits.

En effet, comme pour tout le reste du pays, à l'exception de Khartoum et de la riche région d'El-Gezira, la racine profonde de cette rébellion est la marginalisation politique des populations concernées et un profond sous-développement: ni infrastructure, ni investissement en faveur des gens, absence de services de base, peu d'emplois et prolifération d'armes légères; tout cela venant s'ajouter aux causes des conflits traditionnels entre éleveurs nomades et agriculteurs sédentaires. Mais, la cause prochaine a été la création, en 2001, de cours spéciales chargées de juger des gens pour détention illégale d'armes, brigandage et vols à main armée, qui ont servi de prétexte aux forces de l'ordre pour arrêter et détenir sans jugement et pour une durée indéterminée n'importe quelle personne suspectée d'opposition au gouvernement.

Un <<livre noir>>, publié en 2001 et interdit au Soudan, montrant que le pays a toujours été dirigé par une toute petite minorité nordiste tandis que la majorité des soudanais sont marginalisés, servi de base à la création de deux mouvements politico-militaires en 2002 et 2003: <<le Moouvement /Armé de Libération du SOudan (SLM/A) et le <<Mouvement pour la Justice et l'Egalité>> (JEM). Leur objectif est de créer un système politique totalement nouveau, basé sur une forte organisation fédérale, y compris une présidence tournante entre les groupes ethniques pour abolir, une fois pour toutes, la règle de la minrité. Ces mouvements sont en contact ou même ont signé des accords avec d'autres groupes dissidents du pays au Kordofan, dans le Haut Nil et dans le Nil bleu, les Bejas de l'est. Ils sont aussi en relation avec la SPLA/M de John Garang. La personnalité de leurs dirigeants, comme leurs réseaux de relations à l'extérieur ainsi que le risque, non négligeable, d'<<africanisation>> de ce conflit sous la forme d'une revendication ethniciste du Soudan aux africains, invitent à ne pas sous-estimer leur détermination et leur capacité de résistance, éventuellemnent, de nuisance par rapport à l'accord de paix entre le gouvernement et la SPLA qu'ils sont capables de saboter. Le Tchad et la Centrafrique pourraient être entraînées dans ce conflit.

 

Derniers développements    
     
 
 

Bien que la situation évolue chaque jour, quelques chiffres donnent une idées de l'ampleur du désastre humain en cours: le représentant des Nations unies pour les droits de l'homme a parlé de la plus grande catastrophe humanitaire en cors, comparable au génocide duRwand en 1994. Après dix huit mois, le conflit, réprimé avec une rare violence par le gouvernement qui bombarde les villages tandis que ses milices les Janjawid (les <<hommes à cheval>>) opèrent au sol, on compte entre 30 et 50 000 morts, quelque 180 000 réfugiés au Tchad et plus d'un million de personnes déplacées à l'intérieur du Soudan même.

 

Longtemps, le gouvernement soudanais a interdit ou empêché l'aide humanitaire à ces populations qui son absolument sans ressources et risquent de mourir de faim. Depuis décembre 2003, plusieurs cessez le feu ont fait long feu, même celui d'avril 2004 grâce à la médiation du président tchadien, Idriss Deby.

La communauté internationale a mis longtemps à prendre poistion sur le conflit du Darfur qu'elle a plutôt minimisé afin qu'il n'interfère pas avec les négociations de paix entre le gouvernement et les rebelles du sud Soudan dont il avait d'ailleurs été exclu. Elle a ignoré les rapports alarmants sur la catastrophe humanitaire qui se préparait. En fait, depuis les années 85, les milices massacraient les populations, mais en silence car les victimes ne se révoltaient pas; c'est seulement quand ces populations opprimées se son défendues et ont formé un rébellion que l'ONU et la communauté internationale ont commencé à ouvrir les yeux. Aujourd'hui, la crise du Darfur a atteint un degré tel qu'il est devenu impossible de l'ignorer. Depuis le début de l'année 2004, les missions se sont multipliées: Amnesty international, Médecins sans frontières, le Haut Comité pour les Réfugiés des Nations Unies, la Croix Rouge, le Conseil OEcuménique des Eglise... Fin juin, les politiques les ont suivies: le Secrétaire Général des Nations Unies, Kofi Annan; le Secrétaire d'Etat américain, Colin Powel... Tous ont obtenu de Khartoum des engagements à arrêter les combats et à désarmer les milices pro-gouvernementales; mais les effets se font toujours attendre. De plus, sous les pressions ou les menaces des représailles, on a senti une crispation croissante de Khartoum qui supporte de moins en moins les conseils comme les mises en garde.

L'Union Africaine qui s'est réunie au mois de juillet 2004 à Addis Abeba s'est à son tour saisie du dossier Darfur: elle s'est engagée à envoyer un détachement de 300 militaires et a invité les belligérants à se réunir à Addis Abeba. Le 16 juillet, la rencontre s'est soldée par un échec, le gouvernement soudanais, trouvant impraticables les exigences des rebelles, a quitté la capitale éthiopienne.

De nouvelles négociations se sont ouvertes en août à Abuja au Nigéria; sans résultat également jusqu'ici. AU même moment, les négociations reprennent au Kenya pour finaliser l'accord avec le sus Soudan; mais, elles sont suspendues pendant la durée du ramadan, jusqu'à la mi-novembre.

De son côté, le 30 septembre, le Conseil de Sécurité des Nations unies a menacé Khartoum de sanctions pour les résultats isuffisants dans le désarmement des janjawid et la sécurisation du Darfur; malgré de fortes résistances du gouvernement soudanais, le principe d'une force de maintien de la paix de 3000 hommes a été décidé sous la tutelle de l'Union Africaine.

 

Un échec de plus pour prévenir un conflit    
     
 
 

Ces événements étaient prévisibles et avaient été annoncés par plusieurs organismes spécialisés sur le Soudan. Ils montraient que les mêmes éléments qui ont provoqué la guerre avec le sud couvaient depuis des années au Darfur: il ne s'agissait pas d'un simple conflit géographique entre entre le sud et le nord, ou religieux, musulmans-chrétiens, ni même de querelles traditionnelles entre éleveurs nomades et cultivateurs sédentaires, mais d'un problème global concernant tout un pays, caractérisé par des injustices grossières, des violations systématiques des droits humains, la négation de la sécurité humaine minimale, la marginalisation politique, sociale et économique de la majorité de la population, et comme dans beucoup de pays pauvres, une mauvaise gouvernance. Mais personne ne les a pris au séreiux.

 

Une fois de plus, cela montre que les avertissements ne servent à rien tant qu'une volonté politique ne les accompagne pas, assortie d'actions correspondantes. Le soudan n'est pas un cas isolé. Cela veut dire qu'une forte action de playdoyer auprès des décideursinternationaux s'impose pour prévenir d'autres conflits à travers le monde. En particulier, les Eglises devraient continuer à soutenir les points suivants:

  • les demandes d'un accès humanitaire total et garanti, ainsi qu'un suivi étroit;
  • la condamnation absolue des violations des droits humains et la poursuite en justice de ceux qui les commettent;
  • la demande au Haut représentant des Nations Unies pour les Droits Humains de faire cesse immédiatement la violence, de faire respecter les droits humains et d'assurer la sécurité des populations civiles;
  • une mission d'enquête internationale indépendante pour évaluer la situation humanitaire et des droits de l'homme au Darfur;
  • la nomination d'un rapporteur spécial des Nation Unies pour les Droits Humains au Soudan;
  • toute action pour l'arrêt contrôlé des hostilités;
  • une pression sur la communauté internationale pour que, sans tarder, elle fasse son possible afin de résoudre politiquement ce conflit;
  • faire savoir que l'accord de paix sur le point d'être signé entre le gouvernement et le SPLM ne marchera que si tous les points essentiels qu'il comprte sont effectivements respectés par les deux parties et mis en oeuvre dés que possible

 

Conclusion    
     
 
 

Actuellement, étant donné l'urgence, c'est l'aspect humanitaire qui prend le dessus: la situation qui évolue rapidement demande une vigilance immédiate et de tous les instants: trop de temps perdu a déjà été perdu. Mais, les parrains des accords de paix entre le gouvernement et le sud Soudan craignent surtout que des nouvelles négociations pour le Darfur ne viennent contrarier et faire échouer les ultimes négociations. Il est donc urgent d'attendre, en particulier pour le gouvernement. Pourtant, il ne faudrait pas oublier le fond du problème: les cause profondes et récurrentes des conflits au Soudan, comme dans d'autres pays d'Afrique, ne seront pas réglées par la seule aide humanitaire; elles sont d'ordre politique au sens où le politique consiste à prendre en compte et à promouvoir l'intérêt général de tous les membres d'une nation et pas seulement de la minorité dirigeante.

 

 
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