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  Introduction  
2
  Fiche de synthèse sur le Soudan  
3
  La guerre au Darfur (Soudan)  
4
  Le Soudan et le pétrole  
5
  Sites internet & bibliographie  
6
  Soudan Solidarité  
ASSOCIATION SOUDAN SOLIDARITE

 

  Fiche de synthèse
22/09/2003

 

Jalons géographiques et démographiques   (sources: institut du monde arabe et banque mondiale)
     
 
  Plus vaste pays arabe avec 2 505 813 km² (2145 km x 1815 km), le Soudan est aussi le plus grand pays d'Afrique (8,3% du continent). Il a des rontières communes avec le Congo Démocartique, l'Egypte, l'Erythrée, le Kenya, la Lybie, l'Ouganda, la République Centrafricaine et le Tchad; 870 km de côtes sur la mer Rouge.
  Le Soudan est traversé par les deux Nils (blanc en provenance de l'Ouganda au sud et bleu descendant des montagnes éthiopiennes à l'est) qui confluent à Khartoum. Le désert de Nubie au nord se confond avec les déserts égyptien et lybien. Les pluies diminuent de 2000mm au sud à 161mm à Khartoum et la végétation va de pair avec la pluviométrie.
  Population: 35 millions d'habitants en 2001 dont 5 millions à Khartoum, la capitale.Arabes: 40%; négro-africains: 60%. Musulmans: 18 millions (62%); chrétiens: 4,8millions (16%, dont 65% catholiques); animiste: 6,6 millions (22%). L'espérance de vie approcherait les 57 ans.
  Economie. Production: agriculture (coton, millet, arachide, bananes), élevage (bovins et ovins), mines et industrie (pétrole). En 2001: PNB $12,5milliards; exportations, $1,635milliard: pétrole, coton, gomme arabique; importations , $1,543 milliard: produits alimentaires, carburant, biens équipements...

 

Quelques repères chronologiques   (sources: institut du monde arabe)
     
  Vers 2700-370 BC   domination des empires égyptiens .
  VIIIème -VIème BC   la dynastie koushite, puis le royaume de Méroé, dominent la Nubie.
  Vers 37 PC   un haut fonctionnaire de Candace, la reine de Méroé, est baptisé par Philippe en Palestine (Acte des apôtres, chapitre 8).
  Vième siècle   évangélisation des trois royaumes de Nubie dont l'hégémonie dura jusqu'au XVIème siècle malgré une islamisation croissante du nord.
  1504   défaite du 3ième royaume chrétien de Nubie par les fungs, tribu africaine
  1823   fondation de Khartoum par Mohammed Ali, vice-roi d'Egypte. Rattachement du pays à l'empire ottoman.
  1883-1885   soulèvement mahdiste
  1899   création du condominium anglo-égyptien
  1951   Farouk, roi d'Egypte, devient roi du Soudan
  1er janvier 1956   indépendance et proclamation de la république; début de l'insurrection du sud.
  25 mai 1969   coup d'état militaire du général Jaafar Numeiry
  1972   accord d'Addis Abeba, fin (provisoire) de la guerre civile avec les sudistes
  1978-1980   découverte d'importants gisemenents de pétrole au sud du Soudan (estimations actuelles: <3milliards de barils).
  1982   <<émeutes de la faim>>
  1983   re-découpage des états du sud pour rattacher les zones pétrolifères au nord; introduction de la charia; reprise de la guerre civile par la SPLA (Armée de Libération des Peuples du Soudan) sous la direction de Jhon Garang.
  Avril 1985   renversement de Numeiry; Sadeq al-Mahdi devient premier ministre.
  29 juin 1989   le général Omar Hassan al-Béchir prend le pouvoir avec le concours d'Hassan al-Turabi, pour empêcher la signature d'un accord de paix entre la SPLA et le parti unioniste démocartique qui prévoyait l'abolition de la charia.
  1993   visite du pape Jean-Paul II.
  15 août 1994   Carlos est <<livré>> à la France par le Soudan.
  Début 1995  

mise à l'écart, puis arrestation d'Hassan al-Turabi.

  3 avril 1996  

affrontement à l'université de Khartoum.

  Juin 1996   expulsion d'Oussama Ben Laden
  Juillet 1996   sanction de l'ONU contre le Soudan à la suite de l'attentat contre le président Moubarak d'Egypte en 1995.
  2 octobre 1996   embargo aérien international.
  4 novembre 1997  

embargo contre le Soudan décrété par le Etats Unis.

  Août 1999   exploitation du pétrole à travers le pipe line du sud à Port Soudan.
  20 juillet 2002   accords de Machakos entre le gouvernement et la SPLA.
  Février 2003   participation du président al-Béchir au sommet France-Afrique à Paris.
  Octobre 2003   libération d'Hassan al-Turabi.
  Octobre2003   invitation officielle de John Garang à se rendre en France.
       

 

La plus longue guerre civile contemporaine    
     
 

Engagée à la veille de l'indépendance, la rebellion du sud contre l'oppression du nord touche peut-être à sa fin: après bientôt 50 ans, un accord (le 15ième epuis le début de la guerre civile en 1955...) est sur le point d'être signé entre le gouvernement de Khartoum et la SPLA de John Garang, sous la forte pression des américains et de la communauté internationale.

Ce conflit qui s'enracine dans le racisme et le mépris des gens du sud par ceux du nord, avec une forte connotation religieuse, a tué quelque 2 millions de personnes, déplacé 4 millions d'autres à l'intéreiur même du Soudan et un peu moins d'un million réfugiées à l'étranger. Depuis 1999, l'exploitation du pétrole a exacerbé les hostilités en finançant la guerre: un million de dollars par jour gagné sur le pétrole, correspondant au montant de l'aide humanitaire internationale, sont passés dans l'achat et la construction d'armements.

Jusqu'à récemment, la position de la France, très unilatéralemnt favorable au gouvernement de Khartoum, est en voie de rééquilibrage: en février, l'Elysée a nommé un envoyé spécial de la France pour le Soudan; au mois d'octobre, le leader de la SPLA a reçu une invitation officielle à se rendre en France. Ce revirement tardif, auquel la mission organisée par le Secours Catholique en février 2003 n'est pas totalement étrangère, est accueilli avec réserve par les autres partenaires internationaux, en particulier le Etats Unis, qui ont certainement des visées sur les ressources pétrolières du pays.

 

Et maintenant?    
     
 

L'accord de paix, s'il est signé, laissera derrière lui un pays épuisé et coupé en deux: le nord assez développé, dont la capitale Khartoum, se présente comme une des grandes villes modernes du moyen Orient, avec de larges avenues, d'imposants immeubles et une activité commerciale intense; le sud, laissé à l'écart du développement et dominé par les colonisations égyptienne et anglaise, et, depuis l'indépendance, par le pouvoir soudanais lui-même, s'apparente plutôt à ses voisins pauvres comme le Tchad et la RCA dont la plus grande ville, Juba, ne dépasse pas les 100 000 habitants et où tout est à faire. Les tâches ne manqueront pas:

  • Il faudra veiller à l'application de l'accord de paix, grâce à un contrôle de la communauté internationale, pour que le conflit ne se rallume pas.
  • Il faudra mettre en place une administration et créer les infrastructures pour l'accueillir.
  • Des projets de développement devront être élaborés pour absorber utilement les importants fonds qui seront débloqués.
  • Il faudra régler la question des déplacés et des réfigiés qui voudront rentrer chez eux et qui risquent de trouver des occupants qui ont pris leur place au cours de la guerre, ce qui ne manquera pas d'entraîner des litiges de propriété délicats.
  • La cohabitation entre des ethnies qui ont été entraînées, plus ou moins malgré elles, dans des milices instrumentalisées par les deux parties au conflit, n'ira pas de soi: un long travail de réconciliation sera indispensable pour renouer des liens de paix;
  • Il faura aussi prépare le référendum d'autodétermination qui aura lieu dans six ans et demi après la signature de l'accord. Cela supposera un important effort de formation et de conscientisation politique des citoyens qui seront appelés à se prononcer.
  • La société civile est à construire ou à reconstruire pour qu'elle joue son rôle à côté des pouvoirs et des partis politiques.

Ce qui est sûr, c'est que, s'il est signé, la communauté internationale devra s'engager plus que jamais auprès du Soudan et accompagner cet accord de paix pour qu'il ne capote pas comme les 14 précédents.

   

 

 
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