printemps de septembre

 

 

 

Photo et vidéo dans l’art contemporain, 

quelques pistes

 

 

 

 

François Saint Pierre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le printemps de septembre rend compte de la création actuelle dans le domaine des arts visuels. Il n’est donc pas étonnant que certaines œuvres puissent déconcerter le visiteur peu familiarisé avec l’art contemporain. Nombre d’entre elles, par exemple, ressemblent à s’y méprendre à ces multitudes d’images - télé, magazines, ordinateur, panneaux publicitaires - qui ont envahi notre quotidien pour nous informer ou nous divertir, et généralement nous vendre quelque chose. Est-ce bien de l’art ? La question revient souvent et traduit la perplexité qu’inspirent ces images photo ou vidéo à première vue si proches de celles qui, à longueur de journée, nous font signe de toutes parts.

 

Ce texte propose quelques pistes d’accès aux arts visuels. Il tente de repérer, dans tout le champ de l’art contemporain, des tendances et des particularités de la photo et de la vidéo qui ne sont donc pas nécessairement celles de cette édition du printemps de septembre.  Sur cette édition elle-même, on se reportera aux textes mis, par Marta Gili, à la disposition des visiteurs dans le catalogue et sur les lieux d’exposition.

 

D’ailleurs, cette édition 2002 ne se veut pas seulement une vitrine de la création contemporaine : son engagement est plus fort que celui d’un simple échantillonnage des tendances actuelles. En révélant les multiples entrées du mot Fragilités, les œuvres qu’elle assemble touchent de toutes parts à l’essentiel de notre époque.

 

Tout a changé

 

La photo qui est exposée au printemps de septembre et dans d’autres lieux de l’art actuel n’a guère de rapport avec celle qui était montrée en France dans les années 70, lorsqu’on a commencé à organiser régulièrement des expositions de photo. Sur les cimaises, les alignements de tirages soignés – généralement noir et blanc – de formats invariables encadrés sous des passe-partout en carton blanc – ont fait place à des présentations d’une grande diversité. En fait, en une vingtaine d’années, tout a changé. La couleur est devenue majoritaire, les formats n’ont plus de normes : du minuscule au gigantesque, avec une prédilection pour le grand. Le plus souvent, les tirages sont accrochés nus, sans marges, montés sur un support rigide, parfois simplement épinglés au mur. Selon le projet artistique de leur auteur, les prises de vue auront été soignées ou sciemment bâclées, et une grande partie des images cultive la banalité. Il y a de quoi dérouter le visiteur pour qui photo d’exposition rime encore avec noir et blanc et format 30 x 40.

 

Quant à la vidéo, bien quelle soit devenue depuis quelques années un outil très prisé des artistes, elle reste en matière d’art une nouveauté à découvrir pour la majorité d’un public spontanément peu enclin à attribuer une qualité artistique à ces images qui ressemblent à de la télé ou à du cinéma sans en être. 


Différentes lectures

 

Photo et vidéo sont des techniques très répandues, d’utilisation facile et peu coûteuse, à la portée de chacun. De la photographie, on peut dire qu’elle a depuis longtemps transformé le regard de l’homme sur le monde. C’est aussi le cas de la vidéo, plus récemment mais sans doute aussi plus radicalement par le canal de la télévision. En raison de leurs propriétés documentaires, l’une et l’autre ont de multiples usages sociaux. Mais pour bien répondre à ces usages, les photos, par exemple, ne doivent pas avoir les mêmes caractéristiques (de netteté, de cadrage, de format, de point de vue, etc.) selon qu’elles sont destinées à l’album de famille, à la carte d’identité, à la recherche scientifique, à la presse, à la publicité. On ne lit pas – du moins on ne devrait pas lire - de la même manière une image de reportage et une image de pub. Mais dans la prolifération actuelle (plusieurs milliards de photos nouvelles sont diffusées chaque semaine dans le monde), on finit par se perdre, d’autant plus que les médias – soumis aux stratégies des publicitaires - mélangent à dessein sur une même page ou un même écran des images des différentes catégories. Le but est de brouiller nos repères pour faire de nous des consommateurs plus dociles. Saturés par cette prolifération d’images, nous risquons en effet de toutes les lire de la même manière, sans chercher à les replacer dans leur contexte ni à savoir par exemple quelles parts respectives de fiction et de document elles contiennent.

 

Comme les journalistes, publicitaires, illustrateurs, scientifiques, policiers, etc., les artistes visuels sont des producteurs d’images. Leurs photos et leurs vidéos exigent une lecture particulière. Même lorsque, par une volonté expresse des artistes, elles prennent l’aspect de publicités, de reportages ou de photos de famille, elles n’en sont pas. Et quand elles le sont, ce n’est pas en cette qualité qu’elles sont exposées, mais parce qu’elles s’inscrivent dans des projets artistiques. Ce serait donc une erreur – et le meilleur moyen de « passer à côté » - que de les lire comme n’importe quelle image, sans tenir compte du point de vue de l’artiste qui, justement, doit guider la lecture, en introduisant par exemple un certain recul, une distance critique ou ironique.

 

Décalage

 

Présenter des œuvres récentes, c’est prendre le risque de créer un décalage entre le public et les artistes. Par définition, ceux-ci sont des novateurs, des découvreurs qui, pour mieux exprimer leur conscience du monde dans lequel ils vivent, inventent sans cesse des formes nouvelles en phase avec l’époque, en s’emparant des nouveaux outils que leur procurent les techniques nouvelles (la photo, le cinéma, la vidéo, l’ordinateur sont venus tour à tour s’ajouter au pinceau). Il n’est donc pas étonnant qu’au moment de leur création, les œuvres répondent rarement aux attentes d’un public attaché aux formes artistiques qu’il connaît. Rappelons qu’en leur temps, des artistes aussi consacrés que Beethoven ou les Impressionistes ont eu à affronter l’incompréhension et l’hostilité, tandis que d’autres, bien accueillis à leur époque pour leur habileté à reproduire des formes existantes, sont tombés dans l’oubli. Il est donc normal qu’une œuvre contemporaine dérange et exige du spectateur qui la découvre un effort particulier d’ouverture et d’attention. Dans un monde où l’on feuillette et où l’on zappe pour engloutir des quantités d’images faites pour être lues très vite, les œuvres d’art paraissent inaccessibles à ceux qui les abordent comme des produits de consommation, parce qu’elles demandent du temps et de l’attention, et qu’elles ne délivrent pas de messages simplificateurs mais posent des questions et rendent compte de la complexité du monde.

 

Images banales

 

A notre époque, une des causes du décalage entre l’artiste et le public vient du fait que l’on attend encore d’une œuvre d’art un effet de sublimation (esthétique, religieux, philosophique) qui est à l’opposé des préoccupations de la plupart des artistes (qui ne sont plus depuis belle lurette au service de l’Eglise ni des princes). Dans le monde actuel, où les croyances et les certitudes ont fait place au doute, où plus rien n’est stable et où les remises en question sont permanentes, les artistes n’ont pas envie de célébrer des dogmes et des vérités, ni d’embellir un environnement fragile et déjà surchargé de messages. Leur conscience du monde leur inspire des questions plus que des réponses. C’est pourquoi beaucoup d’entre eux s’intéressent au quotidien dans sa dimension sociale ou individuelle plutôt qu’aux valeurs transcendantales. Ils questionnent volontiers l’image elle-même, devenue partie intégrante de notre environnement ; ils en démontent les mécanismes, les modes de production et de diffusion, et le rôle d’aliénation que leur font jouer les puissances économiques et politiques qui en contrôlent les flux. Car l’une des caractéristiques essentielles de la société actuelle est d’être envahie par des images dont la production et la diffusion sont de plus en plus monopolisées par des multinationales. Dans ce contexte, la marge de manœuvre de l’artiste, lui-même producteur d’images, est singulièrement réduite. Par leurs œuvres, certains artistes attirent notre attention sur le pouvoir d’illusion de toutes ces images, et sur notre propension à les confondre avec la réalité. C’est pourquoi, depuis les artistes du pop art, bien des œuvres revêtent l’apparence des stéréotypes et de la banalité. Dans la programmation de Fragilités, Kao  Chung Li, Lorna Simpson, Unglee traitent des stéréotypes, et près du tiers des artistes programmés  développent par leurs œuvres une réflexion sur la vision, la visibilité, l’image.

 

Quant à la banalité, elle est depuis les années 80, un centre d’intérêt majeur pour de nombreux artistes utilisateurs de la photographie et de la vidéo. Dans la programmation de Fragilités, c’est le cas de Hans Op de Beek et Hans Christian Schink. Non seulement les œuvres présentent souvent des images banales, mais elles ont aussi perdu la plupart des autres caractéristiques qui sont censées permettre de reconnaître une œuvre d’art. La définition traditionnelle, selon laquelle une œuvre d’art est un objet matériel fait de la main de l’artiste, a été peu à peu vidée de son contenu : l’apparition de la photographie a permis de remplacer la main du dessinateur par un procédé mécanique d’enregistrement, puis au début du 20e siècle, Marcel Duchamp, a exposé au musée de banals objets manufacturés, les ready made. De nos jours, non seulement il est parfaitement admis qu’une œuvre d’art puisse être réalisée avec des procédés d’enregistrement comme la photo ou la vidéo, mais il arrive qu’elle ne soit même plus matérialisée par un objet, soit parce qu’elle n’est pas matérialisable, comme c’est le cas pour l’art vidéo et l’art numérique, soit parce que l’artiste considère que son œuvre est constituée par les relations sociales suscitées par son projet. Cette dernière attitude est celle de certains artistes engagés comme Daniel Garcia Andujar et de ceux que Nicolas Bourriaud, critique d’art et codirecteur du Palais de Tokyo, a regroupés sous la bannière de l’Esthétique relationnelle : « la partie la plus intéressante qui se joue sur l’échiquier de l’art se déroule aujourd’hui selon des notions d’interactivité et de convivialité. Outre défricher un nouveau territoire artistique, l’enjeu est aussi d’éprouver la capacité qu’ont les œuvres à réinventer le lien social » (Nicolas Bourriaud).

 

Réinventer le lien social

 

Cette question du lien social est centrale pour beaucoup d’artistes actuels, concernés ou non par le concept d’esthétique relationnelle. Certains d’entre eux, comme, dans Fragilités, Naia del Castillo, Maja Bajevic, Marcello Maloberti, Lucy Orta, Alexandra Sell, font des relations sociales le sujet de leur travail. Tandis que d’autres, tel Daniel Garcia Andujar, travaillent directement à créer eux-mêmes de tels liens. Dans le contexte actuel d’un libéralisme envahissant destructeur des relations sociales, l’artiste est en effet (avec l’éducateur, l’enseignant, l’assistante sociale, etc.) quelqu’un dont la société attend qu’il répare les dégâts en retissant les liens détruits.

 

Si l’œuvre d’art a perdu les caractéristiques traditionnelles qui la rendaient reconnaissable, il n’est plus possible non plus d’utiliser comme critère de reconnaissance de l’art le lieu d’exposition puisque certains artistes s’efforcent précisément de sortir des lieux consacrés à l’art (musée, centre d’art, galerie) pour aller à la rencontre du public dans la rue ou sur Internet. Dans Fragilités, c’est le cas – pour Internet - de Daniel Garcia Andujar et, pour la rue, de Barbara Kruger, Rafael Lozano-Hemmer, Simone Decker.

 

Mélange des genres

 

Le fait qu’il est de moins en moins possible de classer les œuvres par discipline est une difficulté supplémentaire pour le visiteur. Telle œuvre est-elle bien une photo (elle ne correspond pas à l’idée que je me fais de la photo) ? Est-ce retouché ? S’agit-il d’une mise en scène ou d’un reportage, d’une fiction ou d’un document ? Est-ce de l’art ou du journalisme ? Etc. Assaillis par toutes ces questions, on peut se sentir désorientés, privés de la possibilité de classer les oeuvres dans les catégories qui nous sont familières. Classer les choses pour pouvoir les nommer procure un sentiment sécurisant. Le problème est qu’à notre époque les frontières entre catégories ont tendance à se déplacer ou à disparaître. Ainsi, en matière artistique, les spécialisations s’effacent progressivement. Une proportion croissante d’artistes passe d’un médium (d’un outil) à l’autre, ou en utilise plusieurs à la fois : sculpture, photographie, vidéo, peinture, etc. On ne les nomme donc plus sculpteur ou photographe, mais artistes plasticiens. Ce phénomène ne se développe pas seulement au sein des arts plastiques, mais se généralise : un nombre croissant d’œuvres contemporaines mélange éléments visuels et sonores, arts plastiques et danse ou théâtre. L’irruption du numérique ne fait qu’accentuer cette tendance puisque, désormais, c’est un même procédé, pratiquement le même outil, qui est utilisé pour le cinéma, la vidéo, la photo, l’enregistrement sonore, etc. Quant à la photo qui, pendant plusieurs décennies, est restée – du moins en France – une affaire de spécialistes, coupée et largement ignorée de la création artistique, elle réintègre progressivement le champ de l’art depuis l’apparition de ce qu’on a appelé la photo plasticienne il y a une vingtaine d’années. Depuis cette époque, un nombre croissant d’artistes non photographes utilise le procédé photographique pour produire des œuvres qui ne correspondent généralement pas aux critères de la photographie artistique, mais dont la diversité des formes reflète une grande pluralité d’approches.

 

 

Grands formats, installations

 

Ce retour relativement récent de la photo dans le champ de l’art explique par exemple l’apparition puis la généralisation des grands formats. Ceux-ci sont apparus au début des années 80 avec des artistes comme Bustamante, qui a délibérément voulu donner à ses photos les caractéristiques des tableaux exposés dans les musées (grand format, qualité d’exécution, composition). D’autres artistes ont adopté le grand format pour se rapprocher du dispositif du cinéma ou pour détourner l’esthétique publicitaire, dans

la suite des grands courants artistiques du milieu du 20e siècle comme l’expressionnisme abstrait et le pop art. L’édition 2002 du printemps de septembre confirme cette tendance au grand format qui concerne pratiquement toutes les photos et toutes les vidéos présentées.

 

Qu’il s’agisse de photo, de vidéo ou de peinture, le choix du format révèle donc chez l’artiste sa volonté de créer une relation physique entre son œuvre et le spectateur. Et dans ce registre, ce n’est pas seulement les formats que les artistes contemporains travaillent, mais aussi l’espace donné aux oeuvres. Selon l’importance que l’artiste lui attribue dans son projet, ce travail sur l’espace est plus ou moins élaboré, pouvant aller jusqu’au remodelage du lieu d’exposition. On nomme installations les expositions dans lesquelles l’artiste fixe précisément l’emplacement et la disposition des œuvres et les caractéristiques du lieu d’exposition, ainsi que, pour les vidéos, des éléments comme la matière, les dimensions et l’emplacement de l’écran et des sources sonores. Dans ces cas-là, les pièces présentées forment un tout, et c’est l’installation qui est l’œuvre. Dans Fragilités, Antonella Bussanich, Daniel Canogar, Laurent Grasso, Barbara Kruger, Zilla Leutenegger, Rafael Lozano-Hemmer, Lucy Orta, Zhu Jia, présentent des installations.

 

Depuis le retour progressif de la photo dans le champ de l’art, il est de plus en plus fréquent que les expositions intègrent dans leur dispositif le rapport des œuvres au lieu d’exposition, et donne toute leur portée à des éléments tels que la succession, l’espacement, et la disposition des œuvres. Ces éléments – qui constituent ce qu’on appelle l’accrochage – étaient largement négligés lorsque la photo était encore confinée dans son ghetto.  Ce qui était pris en compte à l’époque dans ce type d’accrochage (et d’encadrement), était le rapport intimiste du visiteur à chaque image considérée isolément.

 

Contrairement à une idée répandue (parce que confortable ?), l’art ne tombe pas du ciel. C’est leur rapport au monde qui nourrit l’inspiration des artistes. Selon les cas, la dimension du monde peut aller du cercle intime à la société mondialisée. A la fin des années 90, la tendance était à l’intime, au repli désenchanté sur soi, surtout chez de jeunes artistes. Décidés à rester sourds au tumulte du monde, ils produisaient ce que Dominique Baqué a nommé des micro-reportages du je dans lesquels ils consignaient avec minutie, dans des images généralement mises en scène, des épisodes anodins de leur vie privée. « La photographie de la fin des années 90 se joue dans le pur et fragile présent de l’instant donné : immersion dans le présent, hors de toute histoire, hors de toute mémoire » (Dominique Baqué). La sphère de l’intime fut le titre de l’édition 1998 du Printemps de Cahors. Ce courant est aujourd’hui en recul, et les artistes semblent de nouveau s’ouvrir au monde appréhendé dans ses dimensions politique et historique, pour le dévoiler, le remettre en question, parfois même le changer. La moitié des artistes de Fragilités se trouve dans ce cas.

 

Enquête sur le réel

 

L’utilisation de la photo et de la vidéo par les artistes contemporains se fait dans le contexte du déclin de la presse écrite, des mutations du journalisme, de l’essor expansionniste de la télévision, du développement de l’image de publicité, de l’assujettissement de l’information à la publicité. La crise du photojournalisme provoque une interpénétration croissante du monde de l’art et du journalisme. En schématisant la situation, on rappellera que depuis quelques années, les débouchés se ferment progressivement aux reporters photographes et aux agences de photo, qui se tournent vers les circuits de diffusion de l’art pour écouler et faire connaître leur production. Mais aussi, dans une voie ouverte par Raymond Depardon, pour se distancier, approfondir leur réflexion sur le sens de leur métier de reporter (Luc Delahaye, Gilles Peress, Antoine d’Agata, etc.), et construire une œuvre affranchie des impératifs de la presse. Réciproquement, les artistes engagés se présentent comme une alternative au journalisme pour provoquer par leurs œuvres « une procédure réfléchie d’enquête sur le réel, dans ses dimensions politiques, économiques et sociales. (…) Leurs images sont des contre-informations » (Pascal Beausse).

 

Depuis quelques années, le développement du numérique a fait entrer la photographie dans « l’ère du soupçon ». En perdant leur caractère d’empreinte réelle, donc leur puissance de véracité, la photo et la vidéo --par lesquelles passent de plus en plus notre perception du monde - sont désormais manipulables sans limites, et effectivement manipulées pour mieux servir les intérêts de ceux qui les contrôlent. Les images que nous donnent à voir les médias simplifient toujours à outrance la réalité, et mêlent à plaisir fiction et document, réel et virtuel. A l’inflation des images s’ajoute un brouillage des codes. Dans ce contexte, les artistes, dans la mesure où ils gardent leur autonomie par rapport aux tendances du marché de l’art, ont le rôle décisif d’aider chacun à retrouver lucidité et liberté.  

 

                                                                                   

 

François Saint Pierre
Directeur du Centre de photographie de Lectoure