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Les conséquences de la guerre en Irak Ph. Leconte & D. Millet |
| II- | Qu’en est-il des menaces ? |
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En fait rien
de tout cela. Une combinaison de facteurs expliquant les fluctuations
parfois erratiques des marchés :
- l’enlisement
irakien (sur lequel il est inutile de revenir ) et ses effets périphériques
en Arabie Saoudite et dans le Caucase - des conflits
ethniques au Nigeria dans la zone de production - la crise vénézuelienne
autour du maintien au pouvoir du Président Chavez
- les
règlements de compte en Russie avec l’affaire IOUKOS, annonciatrice d’une
renationalisation partielle du secteur énergétique
Pour 2004,le
FMI envisage une croissance de 4,6% particulièrement
soutenue aux EU ,très proche des deux chiffres en Inde et en Chine .Les
pays émergents ont pris le relais des pays riches :une consommation
qui explose en Chine devenue le 2° importateur
mondial (en 20ans consommation +
200%)
Ainsi
la menace pétrolière peut être minorée : les autres hypothèses paraissant
bien plus alarmantes |
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| 2- |
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| Complexité
de l’Irak, miroir de la complexité du MO ? Y a t il une identité
nationale en Irak ? tout comme dans les Balkans en Europe après une
illusion d’unité (Yougoslavie sous Tito), ne peut-on craindre une balkanisation
de l’Irak voir même du MO ? A-
IRAK : - Aspect historique
et politique :
Diversité de la population en Irak.
- Aspect religieux :
shiites et sunnites …. Les propos d’Al Zarkaoui dans
le monde du 7/4/04 sont éloquents : « Les Chiites sont le cheval de Troie des ennemis de la nation…
Nous allons continuer à tuer leurs imams et à faucher leurs têtes….Les
chiites sont les alliés des juifs et des chrétiens. Ils les aident à tuer
les musulmans…. Jalal Talabani (dirigeant kurde irakien) est un agent
américano sioniste ». À l’intérieur d’une même sensibilité religieuse, des divergences
importantes peuvent se manifester comme l’a montré récemment l’opposition
entre les combattants du Médi autour de Moqtada al Sadr et l’Ayatollah
Sistani. Il ne s’agit d’une simple opposition entre un dur et un modéré,
mais entre un jeune chef religieux non reconnu par sa hiérarchie qui entend
s’exprimer par les armes et une haute personnalité chiite reconnue et
vénérée, qui pense que finalement, vu le poids que représente sa communauté
en Irak, le pouvoir est acquis après le départ des Américains. - L’important
phénomène des tribus : même dans un Irak urbanisé à 80 % alors que le tribalisme politique mis en
place par S Hussein a pris fin, le tribalisme social reste fort :
les relations tribales assurent le lien social, mais ce type d’organisation
ne peut constituer un socle pour la mise en œuvre d’une démocratie. Le parti BAAS a en son temps instrumentalisé
politiquement les tribus. La disparition
du BAAS peut avoir comme conséquence la réactivation du rôle des tribus
qui deviennent à nouveau, le cadre fondamental de l’organisation sociale ;
ce qui peut constituer une contrainte supplémentaire, voir un obstacle
à la mise en place d’un Etat fédéral et démocratique. ( cf le scénario
Afghan aujourd’hui) - La complexité
de la mosaïque irakienne n’a pas échappé aux autorités américaines quand
elles ont chargé Paul Bremer, Administrateur américain en Irak de constituer
l’actuel gouvernement, ce qui donne ceci : Le
Premier ministre, Iyad Mohammed Allaoui : chiite, soutenu par les Etats-Unis, La base de pouvoir d'Allaoui est
l'Accord national irakien (ANI), qu'il a fondé en 1990, en exil, composé
en majorité d'anciens cadres baasistes et d'anciens militaires, laïque,
et qui compte autant des sunnites que des chiites dans ses rangs.
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Le
Président (poste honorifique), cheikh Ghazi Machal Ajil al-Yaouar :
sunnite, membre éminent de la tribu irakienne
des Chammar, l'une des plus importantes de la région du Golfe, comptant
des millions de membres, et des clans tant chiites que sunnites.
·
Le
vice-président Ibrahim al-Jaafari : chiite,
président du parti islamique
Dawa, mouvement autrefois basé en Iran qui avait lancé une offensive armée
contre le régime de Saddam Hussein à la fin des années 70, avant d'être
écrasé en 1982.
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Le
vice-président Rowsch Shaways : Membre du Parti démocratique du Kurdistan (PDK, de Massoud Barzani), l'un des
deux grands partis kurdes rivaux qui dirigent le nord de l'Irak.
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Le
ministre des Affaires étrangères Hoshyar Zebari : kurde, ayant lutté contre le régime de Saddam.
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Le
vice-Premier ministre chargé des affaires de sécurité nationale, Barham
Saleh : kurde, proche des Américains, dirigeant de l'autre grand parti kurde, l'Union patriotique du Kurdistan (UPK,
de Jalal Talabani).
·
Le
ministre de l'Intérieur Falah Hassan : responsable du gouvernement
provincial à Tikrit, la région de Saddam Hussein. Il est le fils du général
Hassan al-Naqib, ancien chef d'état-major adjoint sous Saddam, qui fit
défection à la fin des années 70 et devient actif dans les rangs de l'opposition
en exil.
·
Le
ministre des Finances Adil Abdel-Mahdi : Fils d'un éminent religieux
chiite qui était ministre à l'époque de la monarchie irakienne. Responsable important du puissant Conseil
suprême pour la révolution islamique en Irak (CSRII), principal parti
chiite irakien, il a fait ses études en France.
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Le
ministre du pétrole Thamir Ghadbhan : en charge des affaires pétrolières
depuis des mois, son premier poste
dans l'Irak post-Saddam lui ayant été attribué par le Bureau américain
pour la reconstruction et l'assistance humanitaire. La
constitution d’un tel gouvernement en dit long sur les perspectives dans
le futur : maintenir la cohésion même dans le cadre d’un Etat fédérale
relève du tour de force. A contrario la coexistence de toutes ses composantes
réunies par deux caractéristiques : la résistance contre Sadam et
la collaboration avec les EU, est peu probable :
la légitimité de la première peut être annulée par la seconde. En
somme :
b- Moyen orient : La
crédibilité de la mise en oeuvre d’un GMO est fortement remise en cause
par l’incapacité de résoudre le conflit israélo palestinien et par l’absence
d’homogénéité du MO. -
Palestine / Israël : le conflit
dure depuis près d’un siècle, il mérite à lui seul une conférence…
La question est ici pourquoi le conflit irakien est de nature à l’exacerber. La
proximité géographique, la position de l’Irak de S Hussein à l’égard d’Israël
(position encore partagée par les irakiens), la solidarité arabe avec
les Palestiniens sont des explications qui comptent. Par ailleurs, le
fait qu’ Israël soit la seule démocratie de la région, considéré comme
une enclave occidentale en Orient ,voir même par certains comme le 51e
Etat des Etats unis, renforce l’hypothèse d’une collusion d’intérêts entre
les EU et Israël . Quelles en sont les
explications ? Politiques
et stratégiques : le poids de l’électorat juif aux EU ; Israël
tête de pont dans le projet de réalisation du grand moyen orient. Religieux :
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| 3- |
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- France :
Il
n’en demeure pas moins que, au sein du monde occidentale et plus particulièrement
de l’Europe, la France est un véritable laboratoire pour tester un modèle
de cohabitation religieuse et culturelle refusant par ailleurs le communautarisme
anglo-saxon. Si la supériorité du modèle français est loin d’être avéré
quant aux équilibres sociaux internes, on peut cependant reconnaître les
succès de la diplomatie française dans le monde arabe en terme d’image,
succès confirmé par la contribution des représentants de l’islam de France. Par
ailleurs l’exacerbation des tensions entre communauté islamique et juive
,atténuée tant que les mécanismes de régulation socio politique fonctionnent
est bien la conséquence du conflit irakien relayé par la guerre israélo
palestinienne. - Europe:
- EU :
Loi
patriot : loi d’ exception votée après le 11/09/01 , reconduite et
renforcée en 2003 (terme prévu
31/12/05) et contenant les dispositions suivantes : Garde-à-vue
portée à 15 jours Mise
en détention illimitée pour des personnes suspectées de terrorisme Surveillance
des systèmes de communications électroniques (logiciel « carnivore »
et « lanterne magique » à la disposition du FBI). Par
ailleurs se pose le rôle du contre-pouvoir médiatique qui a pu dans le
passé jouer pleinement son rôle (Water Gate et démission de Nixon), Aujourd’hui
si l’on peut difficilement retenir l’hypothèse d’une presse muselée par
le pouvoir , on peut constater que l’effet 11 septembre, en revitalisant
les valeurs américaines profondes a contribuer à inhiber une partie des
médias progressistes risquant de perdre leur audience par « manque
de patriotisme » et à renforcer les medias populistes en particulier
télévisé comme la Fox TV. On
retiendra ce propos tenu par une radio californienne réagissant aux commentaires
des grands médias après l’arrestation de S Hussein : « Si l’information est l’oxygène de
la démocratie, alors les EU viennent d’être gazés ».
- Au Moyen Orient, en Irak l’issu d’un vote démocratique :
un pouvoir religieux ? Les démocraties occidentales peuvent difficilement
représenter un modèle d’organisation significatifs pour les pays du MO.
De plus un processus électoral démocratique peut conduire à l’émergence
de formes de pouvoir qui ne sont plus conformes à la démocratie. Ce dernier
point nous permet d’insister sur :
-
La diversité des démocraties.
-
Les conditions (historiques,sociales,religieuses
et culturelles) de la mise en œuvre de la démocratie (démocratie et identité
nationale).
-
La question étant finalement de savoir si oui
ou non, la démocratie constitue un modèle d’organisation universel. Transition : La prophétie d’Huntington, auto réalisatrice ? L’Amérique du choc des civilisations ? ( Samuel Hutington).
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