Introduction  
1
  Le scénario volontariste  
2
  Qu'en est-il des menaces?  
3
  Les réponses crédibles  
    Conclusion  
 

Les conséquences de la guerre en Irak

Ph. Leconte & D. Millet

II- Qu’en est-il des menaces ?
   
  1-
Un nouveau choc pétrolier ?  
 

L’été 2004 a été marqué par  la flambée des prix du pétrole  passant de 35 dollars le baril à près de 50 dollars.  La faute à l’Irak ? Un  troisième choc pétrolier  dû aux crises du Moyen-Orient ?

En fait rien de tout cela. Une combinaison de facteurs expliquant les fluctuations parfois erratiques des marchés :

  • La multiplication des incertitudes géopolitiques parmi les sept premiers producteurs mondiaux

                                     - l’enlisement irakien (sur lequel il est inutile de revenir ) et ses effets périphériques en Arabie Saoudite et dans le Caucase

                                     - des conflits ethniques au Nigeria dans la zone de production

                                     - la crise vénézuelienne autour du maintien au pouvoir du Président Chavez                 

                                        - les règlements de compte en Russie avec l’affaire IOUKOS, annonciatrice d’une renationalisation partielle du secteur énergétique

  • La réalité de la croissance économique dopant la consommation d’énergie

Pour 2004,le FMI envisage une croissance de 4,6%  particulièrement soutenue aux EU ,très proche des deux chiffres en Inde et en Chine .Les pays émergents ont pris le relais des pays riches :une consommation qui explose en Chine  devenue le  2° importateur mondial (en 20ans consommation  + 200%)

  •  La faiblesse des investissements réalisés par l’OPEP depuis quinze  ans  explique un marché tout juste équilibré où pour une demande de 82 millions de baril-jour ,l’offre représente 83 millions de barils ;le tout accentué par des achats sur les marchés à terme très spéculatifs
  • La manifestation de la loi de King (fluctuations des prix disproportionnées par rapport à l’état réel de l’offre et de la demande sur le marché.)

Ainsi la menace pétrolière peut être minorée : les autres hypothèses paraissant bien plus alarmantes.

2- 
   Balkanisation de l’Irak et division du MO.  
 

Complexité de l’Irak, miroir de la complexité du MO ? Y a t il une identité nationale en Irak ? tout comme dans les Balkans en Europe après une illusion d’unité (Yougoslavie sous Tito), ne peut-on craindre une balkanisation de l’Irak voir même du MO ?

A-     IRAK :

- Aspect historique et politique :

Diversité de la population en Irak.

  • Toutes ces composantes religieuses, démographiques, ethniques, tribales Ont contribuées à édifier un Irak par opposition à de nombreux adversaires : la Turquie, les Anglais, l’Iran . Mais ce n’est sans doute pas suffisant pour la constitution d’une véritable identité nationale garante d’un lien social, quelles que soient les diversités ( la comparaison est ici possible avec l’Algérie) 
  • Le BAAS et S Hussein : une « Titisation » de l’Irak ? On peut penser que à l’image de l’échec yougoslave,  le projet de forger une identité nationale irakienne  a échoué . Si l’on considère qu’elle constitue une condition de réalisation de la démocratie et d’un contrat social, alors ce qui fonde les démocraties occidentales n’est pas transposable en Irak ; et ce d’autant moins que  « Les Irakiens ne se sont pas battus pour la démocratie » (Norman Mailer extrait de « Pourquoi sommes-nous en guerre ? »)
  • Le PB Kurde : 5 millions de kurdes dans le Nord du pays, représentés par deux organisations politiques transfrontalières : l’ UPK (Union patriotique du Kurdistan)  le PDK (parti démocratique du Kurdistan) et le PKK (Parti des travailleurs Kurdes) d’obédience marxiste léniniste.

 

- Aspect religieux : shiites et sunnites ….

Les propos d’Al Zarkaoui  dans le monde du 7/4/04 sont éloquents :

« Les Chiites sont le cheval de Troie des ennemis de la nation… Nous allons continuer à tuer leurs imams et à faucher leurs têtes….Les chiites sont les alliés des juifs et des chrétiens. Ils les aident à tuer les musulmans…. Jalal Talabani (dirigeant kurde irakien) est un agent américano sioniste ».

À l’intérieur d’une même sensibilité religieuse, des divergences importantes peuvent se manifester comme l’a montré récemment l’opposition entre les combattants du Médi autour de Moqtada al Sadr et l’Ayatollah Sistani. Il ne s’agit d’une simple opposition entre un dur et un modéré, mais entre un jeune chef religieux non reconnu par sa hiérarchie qui entend s’exprimer par les armes et une haute personnalité chiite reconnue et vénérée, qui pense que finalement, vu le poids que représente sa communauté en Irak, le pouvoir est acquis après le départ des Américains.

- L’important phénomène des tribus : même dans un Irak urbanisé à 80 %    alors que le tribalisme politique mis en place par S Hussein a pris fin, le tribalisme social reste fort : les relations tribales assurent le lien social, mais ce type d’organisation ne peut constituer un socle pour la mise en œuvre d’une démocratie.

    Le parti BAAS a en son temps instrumentalisé politiquement les tribus.  La disparition du BAAS peut avoir comme conséquence la réactivation du rôle des tribus qui deviennent à nouveau, le cadre fondamental de l’organisation sociale ; ce qui peut constituer une contrainte supplémentaire, voir un obstacle à la mise en place d’un Etat fédéral et démocratique. ( cf le scénario Afghan aujourd’hui)

- La complexité de la mosaïque irakienne n’a pas échappé aux autorités américaines quand elles ont chargé Paul Bremer, Administrateur américain en Irak de constituer l’actuel gouvernement, ce qui donne ceci :

Le Premier ministre, Iyad Mohammed Allaoui : chiite, soutenu par les Etats-Unis, La base de pouvoir d'Allaoui est l'Accord national irakien (ANI), qu'il a fondé en 1990, en exil, composé en majorité d'anciens cadres baasistes et d'anciens militaires, laïque, et qui compte autant des sunnites que des chiites dans ses rangs.

·   Le Président (poste honorifique), cheikh Ghazi Machal Ajil al-Yaouar : sunnite, membre éminent de la tribu irakienne des Chammar, l'une des plus importantes de la région du Golfe, comptant des millions de membres, et des clans tant chiites que sunnites.

·   Le vice-président Ibrahim al-Jaafari : chiite, président du parti islamique Dawa, mouvement autrefois basé en Iran qui avait lancé une offensive armée contre le régime de Saddam Hussein à la fin des années 70, avant d'être écrasé en 1982.

·   Le vice-président Rowsch Shaways : Membre du Parti démocratique du Kurdistan (PDK, de Massoud Barzani), l'un des deux grands partis kurdes rivaux qui dirigent le nord de l'Irak.

·   Le ministre des Affaires étrangères Hoshyar Zebari : kurde, ayant lutté contre le régime de Saddam.

·   Le vice-Premier ministre chargé des affaires de sécurité nationale, Barham Saleh : kurde, proche des Américains, dirigeant de l'autre grand parti kurde, l'Union patriotique du Kurdistan (UPK, de Jalal Talabani).

·   Le ministre de l'Intérieur Falah Hassan : responsable du gouvernement provincial à Tikrit, la région de Saddam Hussein. Il est le fils du général Hassan al-Naqib, ancien chef d'état-major adjoint sous Saddam, qui fit défection à la fin des années 70 et devient actif dans les rangs de l'opposition en exil.

·   Le ministre des Finances Adil Abdel-Mahdi : Fils d'un éminent religieux chiite qui était ministre à l'époque de la monarchie irakienne. Responsable important du puissant Conseil suprême pour la révolution islamique en Irak (CSRII), principal parti chiite irakien, il a fait ses études en France.

·   Le ministre du pétrole Thamir Ghadbhan : en charge des affaires pétrolières depuis des mois, son premier poste dans l'Irak post-Saddam lui ayant été attribué par le Bureau américain pour la reconstruction et l'assistance humanitaire.

La constitution d’un tel gouvernement en dit long sur les perspectives dans le futur : maintenir la cohésion même dans le cadre d’un Etat fédérale relève du tour de force. A contrario la coexistence de toutes ses composantes réunies par deux caractéristiques : la résistance contre Sadam et la collaboration avec les EU, est peu probable :  la légitimité de la première peut être annulée par la seconde.

En somme :

     
  « La guerre du Golf a déstabilisé le pays. On pouvait alors penser que la laïcité des institutions avait désamorcé les tensions sectaires potentielles, et qu’un sentiment national irakien avait émergé au fil des affrontements avec l’étranger : les Chiites irakiens ne s’étaient pas ralliés majoritairement à l’Iran ; les villageois kurdes ne suivaient pas massivement les Pesmergas, résistants kurdes. Le soulèvement des Chiites au sud appelant de leurs vœux une république islamique et la généralisation de la rébellion kurde au nord ont mis au premier plan les forces centrifuges dans cette mosaïque de peuples et de religions et les sanctions internationales contre l’Irak laissent la population dans le dénuement. »  
  Brigitte Dumortier « Géographie de l’Orient Arabe » Collection U. Colin.  

b- Moyen orient :

La crédibilité de la mise en oeuvre d’un GMO est fortement remise en cause par l’incapacité de résoudre le conflit israélo palestinien et par l’absence d’homogénéité du MO.

- Palestine / Israël : le conflit  dure depuis près d’un siècle, il mérite à lui seul une conférence… La question est ici pourquoi le conflit irakien est de nature à l’exacerber.

La proximité géographique, la position de l’Irak de S Hussein à l’égard d’Israël (position encore partagée par les irakiens), la solidarité arabe avec les Palestiniens sont des explications qui comptent. Par ailleurs, le fait qu’ Israël soit la seule démocratie de la région, considéré comme une enclave occidentale en Orient ,voir même par certains comme le 51e Etat des Etats unis, renforce l’hypothèse d’une collusion d’intérêts entre les EU et Israël . Quelles en sont les  explications ?

Politiques et stratégiques : le poids de l’électorat juif aux EU ; Israël tête de pont dans le projet de réalisation du grand moyen orient.

Religieux :

     
 

« Bush appartient à l'Eglise méthodiste unie, mais un événement traumatique de son existence, l'alcoolisme, fut guéri par une thérapie de groupe de type  pentecôtiste, à même de transformer un chrétien sociologique en chrétien halluciné, si fruste qu'il nous paraisse.  Bush ne veut pas nous faire croire qu'il est le confident de la providence, il le croit.

Plus généralement, les Etats-Unis d'Amérique, créés par une dissidence du calvinisme, sont enfants de la Bible.  Les Founding Fathers ont traversé l'Atlantique comme les Hébreux la mer Rouge et trouvèrent des Indiens qu'ils traitèrent comme les Hébreux traitèrent, d'après la Bible, les Cananéens.  A l'origine des Etats Unis, il y a un complexe d'élection divine qui fait vivre les Américains dans l'idée qu'ils sont le nouvel Israël, avec vocation à être lumière pour les nations. Ils se sont sauvés eux-mêmes de la corruption de l'Ancien Monde aux XIIe  et XVIIIe siècles, ils ont tenté de fonder la Cité du Bien sur une terre innocente comme l'Eden, une fois purgée des Indiens.  Mais il reste le monde entier, habité par le Mal.  Il faut donc propager une conviction étrange, puisqu'elle mêle à la fois le droit au bonheur individuel et le salut de la planète, une avidité matérialiste et une grande générosité, une disponibilité, un courage, même.  C'est assez beau, mais une politique qui se réclame de la morale sans passer par le droit ni par l'Histoire est une politique dont le monde peut s'effrayer. » 

 
  R Debray. Télérama . Avril 2003.  

-  Pour l’ensemble du Moyen Orient :

  • Aspect historique et politique : Mise à part le dénominateur commun, la colonisation, il est difficile de trouver des caractéristiques communes aux pays de la région.
  • Aspect économique : le pétrole divise plus qu’il n’unifie.
  • Aspect religieux : shiisme, sunnisme, wahhabisme, pouvoir politique et religieux confondu  en Jordanie et au Maroc, séparation ailleurs…
  • D’un point de vue sociologique on peut douter du fait que le levier principal de la démocratie c’est à dire le principe (bien souligné par A de Tocqueville) de la méritocratie, puisse se présenter comme fondateur d’un nouveau contrat social dans les pays du MO.

 

3- 
 Le conflit irakien : un test pour les démocraties ?  
 

 

-  France :

Premier pays occidental à être concerné par la présence musulmane              (Islam, 2e religion de France , 6% de la population) ;

Deux forces contradictoires travaillent le corps social français :

        • la tentation radicale, relayée par des velléités identitaires sommaires ,ou par des structures plus organisées .
        • La volonté de pérenniser le contrat social construit sur la laïcité. Le discours officiel des représentants officiels de l’Islam en France sur la question des otages français en Irak est révélateur.

Il n’en demeure pas moins que, au sein du monde occidentale et plus particulièrement de l’Europe, la France est un véritable laboratoire pour tester un modèle de cohabitation religieuse et culturelle refusant par ailleurs le communautarisme anglo-saxon. Si la supériorité du modèle français est loin d’être avéré quant aux équilibres sociaux internes, on peut cependant reconnaître les succès de la diplomatie française dans le monde arabe en terme d’image, succès confirmé par la contribution des représentants de l’islam de France.

Par ailleurs l’exacerbation des tensions entre communauté islamique et juive ,atténuée tant que les mécanismes de régulation socio politique fonctionnent est bien la conséquence du conflit irakien relayé par la guerre israélo palestinienne.

- Europe:

au-delà de la France c’est aussi la démocratie en Europe qui   est « testée ». Les attentats de Madrid peuvent faire l’objet de deux interprétations : la démocratie prise en otage, si le résultat espéré par les auteurs fut le départ des troupes espagnoles d’Irak le but est atteint ; mais on peut aussi défendre l’hypothèse d’un renforcement de la démocratie, les électeurs espagnols ayant sanctionné le mensonge d’Etat du gouvernement Aznar ;

- EU :

  • Aux EU … L’information, loi « patriot », pensée unique, enjeux économiques : affaiblissement de la démocratie américaine ou expression d’une démocratie musclée ( par opposition à une démocratie molle) ?

Loi patriot : loi d’ exception votée après le 11/09/01 , reconduite et renforcée en 2003  (terme prévu 31/12/05) et contenant les dispositions suivantes :

Garde-à-vue portée à 15 jours

Mise en détention illimitée pour des personnes suspectées de terrorisme

Surveillance des systèmes de communications électroniques (logiciel « carnivore » et « lanterne magique » à la disposition du FBI).

Par ailleurs se pose le rôle du contre-pouvoir médiatique qui a pu dans le passé jouer pleinement son rôle (Water Gate et démission de Nixon),

Aujourd’hui si l’on peut difficilement retenir l’hypothèse d’une presse muselée par le pouvoir , on peut constater que l’effet 11 septembre, en revitalisant les valeurs américaines profondes a contribuer à inhiber une partie des médias progressistes risquant de perdre leur audience par « manque de patriotisme » et à renforcer les medias populistes en particulier télévisé comme la Fox TV.

On retiendra ce propos tenu par une radio californienne réagissant aux commentaires des grands médias après l’arrestation de S Hussein : « Si l’information est l’oxygène de la démocratie, alors les EU viennent d’être gazés ».

Par ailleurs les propos de G.Bush dans son discours sur l’état de l’Union, 01/04, en dit long sur les conditions de la diffusion du processus démocartique, par utilisation des moyens d'information:

     
  « Aussi l'Amérique poursuit-elle une stratégie active pour la liberté au Moyen-Orient. Nous mettrons au défi les ennemis de la réforme, affronterons les alliés de la terreur et espérerons des normes plus élevées chez nos amis. Afin de transpercer les barrières d'une propagande haineuse, la Voix de l'Amérique et d'autres services de diffusion augmentent leurs émissions en arabe et en persan, et, bientôt, un nouveau service de télévision commencera à diffuser des nouvelles et des informations fiables à travers la région. Je vous enverrai une proposition visant à doubler le budget de la Fondation nationale pour la démocratie et à concentrer ses nouveaux travaux sur la promotion d'élections libres, du libre-échange, de la liberté de la presse et de la liberté syndicale au Moyen-Orient. Par-dessus tout, nous achèverons notre travail historique de démocratisation en Afghanistan et en Irak, pour que ces pays puissent éclairer la voie à d'autres nations et aider à transformer cette région en difficulté. »  
  G Bush Discours sur l’état de l’Union. Janvier 2004.  

-  Au Moyen Orient, en Irak l’issu d’un vote démocratique : un pouvoir religieux ? Les démocraties occidentales peuvent difficilement représenter un modèle d’organisation significatifs pour les pays du MO. De plus un processus électoral démocratique peut conduire à l’émergence de formes de pouvoir qui ne sont plus conformes à la démocratie. Ce dernier point nous permet d’insister sur :

-          La diversité des démocraties.

-          Les conditions (historiques,sociales,religieuses et culturelles) de la mise en œuvre de la démocratie (démocratie et identité nationale).

-          La question étant finalement de savoir si oui ou non, la démocratie constitue un modèle d’organisation universel.

Transition : La prophétie d’Huntington, auto réalisatrice ?

L’Amérique du choc des civilisations ? ( Samuel Hutington).

Un scénario géopolitique est élaboré par Samuel Huntington dans son livre de 1996 Le choc des civilisations et la refonte de l'ordre mondial, où l'on peut lire :

     
  « Il est probable que les premières années du XXIème siècle voient une résurgence de la puissance et de la culture non-occidentales, ainsi que le choc des peuples de civilisations non-occidentales avec l'Ouest et entre eux.  Le choc des civilisations, ce sont des conflits tribaux à l'échelle globale », écrit Huntington. « Les guerres futures seront menées entre les civilisations islamique, bouddho-confucéenne et occidentale ». Il considère « la croissance démographique  comme une caractéristique des pays musulmans, qui enfantent des « recrues pour l'intégrisme, le terrorisme, l'insurrection et la migration ». Quant à l'Asie, elle est caractérisée par « l'affirmation économique », en particulier en Chine, ce qui constitue un grand défi pour l'Occident. « L'émergence de la Chine comme puissance dominante en Asie de l'Est et du Sud-Est serait contraire aux intérêts américains. »  
     

Le livre de Huntington reflète l'obsession de bien d'autres géopoliticiens, dont Zbigniew Brzezinski et Henry Kissinger, qui s'inspirent de l'idéologie géopolitique de Sir Alfred Mac kinder qui pensait que la bataille pour le contrôle de la « masse terrestre eurasiatique » déterminerait quelle puissance serait hégémonique dans le monde.

 
   

 

 
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