Introduction  
1
  Le scénario volontariste  
2
  Qu'en est-il des menaces?  
3
  Les réponses crédibles  
    Conclusion  
 

Les conséquences de la guerre en Irak

Ph. Leconte & D. Millet

Conclusion générale.
 

Les évolutions actuelles n’incitent pas à l’optimisme, on peut difficilement contester le fait que l’on ait « ouvert la boîte de Pandore » selon l’expression de J. Chirac. Que faut-il entendre par là ?

  • Les risques demeurent élevés d’abord pour les Irakiens

Au delà de la question de savoir si oui ou non un schéma démocratique est adaptable, ce qui importe c’est la légitimité du processus , or le projet démocratique est pour l’heure entaché de fautes lourdes : mensonge d’Etat pour la justification de l’invasion ( armes de destruction massive) , les libérateurs devenant des occupants utilisant des moyens répressifs (humiliation et torture  dans la prison d’Abou Graib…. ) et imposant des personnalités politiques inconnues du peuple irakien. De plus  la seule démocratie de la région, Israël, n’est pas considérer comme un modèle à suivre mais au contraire l’ennemi contre lequel il faut lutter. En cas d’échec du processus les solutions de substitution ne peuvent venir que des pouvoirs religieux, la probabilité pour que le pacte très provisoire entre sunnites et chiites contre l’occupant ne dégénère en une guerre religieuse est forte.

  • Une telle situation peut provoquer un effet de domino négatif dans la région. Les pouvoirs autoritaires mais fragiles qui sont en place ne peuvent qu’être inquiets face à une possibilité d’échec de la stratégie américaine , les maillons faibles étant l’Arabie Saoudite et la Jordanie soupçonnées de compromission avec les EU. Cependant le problème régional le plus aigu reste le conflit israélo palestinien . une pacification de la région n’est pas concevable sans une solution définitive sur ce sujet.
  • Au niveau mondial l’échec politique de l’hyper puissance américaine si il est confirmé doit pouvoir être compensé par d’autres solutions de médiation.

La faiblesse du pouvoir russe, l’insuffisance de l’homogénéité européenne ne laisse guère de choix : seul le recours aux moyens juridiques et militaires de l’ONU peut constituer une solution.

Enfin on  peut  souligner l’intérêt d’une l’analyse en terme de globalisation et de mondialisation.

Le fait d’encourager la libération des forces vives du marché s’accompagnent de fortes inquiétudes quant à la question des moyens de régulation susceptibles d’encadrer ce mouvement, en d’autre terme la gouvernance mondiale. Pour l’heure l’émergence de formes de pouvoirs non contrôlés, maffias économiques, tentative de monopole sur les systèmes d’information, réseaux terroristes constituent les éléments d’une même problématique à laquelle les Etats démocratiques doivent trouver une réponse.

Le texte de G. Keppel résume ces propositions de conclusion :

   
 

« Bagdad et Gaza ne sauraient être vus aujourd’hui selon les mêmes schémas d’évolution que Prague ou Varsovie. La modernisation politique de la région bute notamment sur des composantes structurelles qui ne s’éliminent point par le seul mouvement d’une mondialisation à l’Américaine, simple variation universelle de « l’enrichissez vous » de Guizot. »

L’Orient arabe n’est pas plus compliqué aujourd’hui qu’hier, pour ceux qui en connaissent la langue et en pénètrent intimement la culture: la persistance des identités tribales, ethniques et confessionnelles en Irak, par exemple, ne doit pas être pensée comme un archaïsme destiné à succomber sous les assauts combinés de l’Internet et de Coca Cola, mais comme
une composante de la construction politique du présent au Moyen Orient, sans présager ce que sera son futur.»

 
  G Keppel. Le Monde 25/03/04.  

 

   
  Ph. Leconte & D. Millet

                                                                                      

   

 

 
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